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Pétrole : après le précédent sénégalais, Juba refuse de renouveler la licence d’Oranto sur le bloc B3

Pétrole : après le précédent sénégalais, Juba refuse de renouveler la licence d’Oranto sur le bloc B3

Plusieurs États africains durcissent désormais le suivi des permis pétroliers, exigeant des avancées concrètes pour accélérer l’exploration et maximiser les revenus tirés des hydrocarbures.

Les autorités du Soudan du Sud ont annoncé le jeudi 30 avril, le non-renouvellement de l’accord de partage de production sur le bloc pétrolier B3, à l’issue d’un audit couvrant les six années du contrat. Selon le ministère du Pétrole, cette évaluation a relevé un non-respect des obligations contractuelles, en particulier l’absence de réalisation des campagnes sismiques prévues et le non-respect des engagements de forage.

Le gouvernement estime que cette décision est « dans le meilleur intérêt du pays » et précise que le bloc est désormais ouvert à de nouvelles candidatures, avec un appel explicite aux compagnies internationales et régionales qualifiées. 

Un bloc stratégique aux ambitions inachevées

Attribué à Oranto en 2017, dans le cadre d’une stratégie visant à renforcer la production nationale, le bloc B3 figure parmi les plus vastes périmètres pétroliers sud-soudanais. Il avait été présenté par les autorités comme un projet structurant, susceptible de mobiliser des investissements significatifs et de contribuer à la relance économique.

Les premières évaluations faisaient état d’un important potentiel en hydrocarbures, justifiant des ambitions de développement rapide. Mais en dépit de ces perspectives, les travaux attendus n’ont pas été menés dans les délais, ce qui a pesé dans la décision de ne pas reconduire le contrat. Pour le Soudan du Sud, dont le pétrole constitue une source essentielle de recettes publiques, l’enjeu est de maximiser la valorisation des ressources disponibles.

Dans ce contexte, les autorités cherchent à s’assurer que les titulaires de licences disposent à la fois des capacités techniques et des ressources financières nécessaires pour exécuter leurs programmes d’exploration et de développement. Le non-renouvellement du bloc B3 traduit une volonté de renforcer la discipline contractuelle dans un secteur clé pour les finances nationales.

Un durcissement des exigences des pays producteurs

La décision survient dans un contexte déjà défavorable pour Oranto Petroleum. En septembre 2025, le Sénégal avait retiré à sa filiale Atlas-Oranto la licence d’exploration du bloc en mer Cayar Shallow. Les autorités sénégalaises avaient alors évoqué des manquements similaires, notamment l’absence de garanties financières et un niveau d’activité limité, malgré plusieurs extensions accordées depuis l’attribution du permis en 2008. Le bloc n’avait fait l’objet d’aucun forage, ce qui avait conduit à la décision de retrait.

La répétition de ces situations dans deux juridictions différentes illustre des difficultés structurelles auxquelles peuvent être confrontées certaines compagnies indépendantes, en particulier lorsqu’il s’agit de financer et d’exécuter des programmes d’exploration dans des environnements complexes. Elle illustre également un durcissement progressif des exigences des pays hôtes, qui privilégient désormais des opérateurs capables de réaliser des avancées concrètes dans les délais contractuels. 

À court terme, l’ouverture du bloc B3 à de nouveaux investisseurs pourrait susciter un regain d’intérêt pour cette zone encore sous-explorée. Cependant, la concrétisation de nouveaux projets dépendra de plusieurs facteurs, notamment l’attractivité du cadre contractuel proposé par le Soudan du Sud, la stabilité du contexte opérationnel et la capacité des candidats à mobiliser les financements nécessaires.

Pour Oranto Petroleum, l’enjeu est désormais de préserver sa crédibilité sur le continent. Les récents précédents pourraient peser sur son positionnement dans de futurs appels d’offres.

Olivier de Souza

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